LES NONNES KUNG-FU DU NEPAL
Katmandou 26 avril 2011. 200 nonnes dans un monastère perché au sommet d'une montagne népalaise donnent une nouvelle dimension au bien-être holistique. Et ceci est le fruit d'un heureux hasard !
Tous les matins à 3 heures, Rupa, une jeune nonne de 17 ans, se réveille pour la prière dans son monastère. Malgré seulement cinq heures de sommeil, elle se sent en pleine forme et attend avec impatience la séance de Kung-Fu qui débutera deux heures plus tard. Pour elle, c'est ce qui la rend dynamique, attentive et beaucoup plus confiante en elle que quand elle avait 15 ans.

Comme Rupa, 200 religieuses du couvent de Druk Gawa Khilwa pratiquent cet ancien art martial chinois tous les matins (et parfois le soir) au sommet de la montagne Druk Amitabha dans la capitale du Népal. Au niveau 6 sur les 16 niveaux de base du Kung-Fu, ces religieuses, maîtrisent tout autant l'art de se protéger du "grand méchant monde", que de s'asseoir le dos droit pendant six heures d'affilée pour la méditation.

"J'avais tendance à me voûter beaucoup avant d'apprendre le Kung-Fu, mais maintenant je peux rester bien droite aussi longtemps que nécessaire", dit Lama Zesaid, 17 ans, qui est originaire de l'Himachal Pradesh.

"Le Kung-Fu nous apprend à canaliser notre énergie et à être positives pendant notre vie quotidienne."

Foo Fighters
C'est par pure coïncidence que le Kung-Fu est devenu partie intégrante du couvent Khilwa.

Lors d'une visite au Vietnam, Sa Sainteté le Gyalwang Drukpa, chef spirituel de la lignée Drukpa, a observé des nonnes en train de s'exercer à la pratique du Kung-Fu dans leur couvent. On lui a dit que cela aidait les religieuses à mieux se concentrer et à se sentir plus sûres d'elles-même.

Il s'est souvenu alors que certaines religieuses du couvent Khilwa ont peur de descendre dans la vallée car des personnes leur jettent parfois des pierres ou même tentent de les agresser. 

"Il y a des risques non négligeables de kidnapping ou d'agressions dans cette région", confirme Lin Chiang qui est en charge de la communication publique.

" Réalisant que le Kung-Fu peut être appris comme un art d'auto-défense, Sa Sainteté a demandé à quelques-unes des religieuses vietnamiennes de venir enseigner à Katmandou."

Esprit, corps et âme
Vêtues de leurs tenues brun sombre, les religieuses de Kung-Fu offre un spectacle étonnant. Leurs mouvements fluides, coordonnés et incroyablement rapides sont spectaculaires.

A Khilwa, l'art martial est enseigné seulement aux religieuses de moins de 25 ans. "Car, il faut être très souple et flexible pour apprendre quelque chose d'aussi intense que le Kung-Fu", explique leur professeur Lama Chantwona. "Le seul problème que nous avons rencontré jusqu'à présent est la langue. Sinon toutes les jeunes filles sont très motivées et ont pratiqué très régulièrement pendant les deux dernières années."

Sa Sainteté dit qu'il a vu très vite une différence radicale. " Le Kung-Fu a rendu mes religieuses plus heureuses et plus à l'aise dans leur corps et leur esprit."

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